400 ans après sa naissance, la voix de Madame de Sévigné toujours pertinente
Après une première annonce consacrée au programme de la soirée du 5 février, le
Collège Sévigné revient sur un événement qui aura marqué l’année scolaire : la célébration du 400ᵉ anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné.
Plus qu’une commémoration, cette soirée fut une expérience de transmission, portée par une communauté éducative et culturelle pleinement mobilisée. Une traversée du XVIIᵉ siècle à aujourd’hui, où les textes ont circulé entre générations, disciplines et regards.
Un cadre intellectuel et institutionnel fort
Les discours inauguraux ont posé les fondations de cette réflexion collective.
Jean-Pierre de Giorgio, directeur général du Collège Sévigné, et
Alan Yvon, directeur du collège et du lycée, ont ouvert la soirée aux côtés de
Anne-Laure Sol, conservatrice au
Musée Carnavalet, partenaire du projet.
Tous ont rappelé l’enjeu central : rendre hommage à Madame de Sévigné sans la figer dans un monument scolaire, mais en interrogeant la formation de son esprit, ses influences, et la modernité de sa voix - selon la belle formule de Mathilde Salomon en 1883.
Faire dialoguer passé et présent
Ce dialogue s’est incarné dès l’ouverture avec le film
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, d’hier à aujourd’hui, proposé par
Wendy Prin-Conti, professeure agrégée de lettres modernes, et
Luc Daireaux, professeur agrégé, docteur en histoire et producteur du podcast
Chemins d’histoire.
Le film donne à entendre ce qui demeure, quatre siècles plus tard : Une voix. Une présence. Une vitalité nourrie par l’observation de la nature, l’attention à l’enfance, la curiosité pour les autres - loin de toute image figée.
Les élèves au cœur du projet
La soirée a ensuite laissé toute la place aux élèves, accompagnés par leurs enseignants.
Les classes de quatrième ont fait revivre l’entourage féminin de la marquise - salonnières, reines, écrivaines - dans un travail mené avec
Laurence Sladkowski Creissen, professeure de lettres,
Anne-Lise Savieux, enseignante-documentaliste, ainsi que
Laurence Paix-Rusterholtz et
Christiane Lavaquerie-Klein, spécialistes de la médiation culturelle. La brochure issue de ce projet a bénéficié du regard graphique et éditorial de
Caroline Prat, chargée de communication et directrice artistique.
Les élèves de CM2 ont, quant à eux, imaginé devenir guides au Musée Carnavalet. Ce travail sensible autour d’une lettre écrite à Livry a été conduit par
Claire Maisonobe et
Peggy Communal, avec l’appui de
Claire Luçon, référente culturelle.
Les élèves de Seconde ont prêté leur voix aux éclats les plus célèbres de la correspondance de Madame de Sévigné, dans un travail de mise en voix mené par
Milly La Delfa, professeure de lettres et cinéma, avec l’appui de
Matthieu Protin.
Moment d’émotion forte : la lecture des lettres aux côtés de
Marie-Christine Barrault dans le cadre d’un documentaire réalisé pour
La Grande Librairie, accompagnée par
Catherine Charfi, professeure certifiée de lettres, et de
Wendy Prin-Conti.
Arts, médiation et transmission
L’événement s’est prolongé par une exposition présentée au CDI, conçue par
Anne-Lise Savieux et
Luc Daireaux, retraçant la circulation de l’image et de l’œuvre de Madame de Sévigné à travers les siècles.
Les élèves de l’atelier « Culture et pratique artistiques » ont donné forme visuelle à cette réflexion, sous la conduite de
Georgia Stopnicki et
Jacqueline Horler, enseignantes en arts plastiques.
Une œuvre toujours en mouvement
Ce 400ᵉ anniversaire n’a donc pas été une simple célébration patrimoniale. Il a montré ce que signifie, aujourd’hui, faire vivre les humanités : lire, contextualiser, interpréter, mettre en voix, créer des ponts entre disciplines, institutions et générations.
Quatre siècles après sa naissance, Madame de Sévigné demeure une présence active. Une voix qui circule. Et tant qu’elle sera partagée, interrogée et incarnée, elle restera pleinement vivante.